Cent soixante-dix

De Daniel-Alexandre Bez

Édité chez KALIOPA AEF, juin 2017

ISBN : 978-2-9701183-0-5 (papier, 335 pages)

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ISBN : 978-2-9701183-1-2 (numérique)

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« Le cadavre gît devant mon regard imperturbable ; et même s’il n’y gisait pas, je saurais que la vie s’est échappée parce que l’abîme s’est présenté et que mon esprit y a plongé. De cette chute – et j’en prends le Ciel à témoin –, je n’ai pas perçu les prémices. Un peu comme un soldat qui prendrait son fusil et sa baïonnette sans imaginer qu’il en fera usage. Ou comme un bateau qui ne réduirait pas sa voilure à l’approche des côtes sans appréhender le danger qui le menace. Il est décidément plus facile d’empoisonner quelqu’un que de le tuer de ses propres mains. Sur une lame ensanglantée, après qu’elle a entaillé la peau, qu’elle a labouré les chairs molles et a brisé les osselets, les cartilages, les tendons, le sang se coagule en agglomérats immondes. La strangulation est beaucoup plus propre ; mais elle demande plus d’énergie aussi. »

Dans le Paris du Second Empire, une jeunesse dorée égrène les dernières années de son insouciance. Dans ce contexte, Jean-Baptiste – un étudiant florentin – découvre que ses sentiments le conduisent à aimer d’autres hommes. Il rencontre le poète Lautréamont. Alors qu’il tâtonne et qu’il se berce d’illusions, la littérature distille ce qu’elle a de plus sombre pour gangrener ses chimères. Des cafés mondains aux cloaques infects, plus rien ne freine désormais l’élan tragique de ce qui ne peut qu’advenir. Et le Mal prend soudain forme humaine.

Daniel-Alexandre Bez signe un roman haletant où les plus grandes références littéraires servent un discours sans concession. Il nous promène avec brio dans le Paris haussmannien dont il semble connaître les moindres recoins. Habile à doser la tension narrative, il construit patiemment sa trame, efficace et redoutable.

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